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Ouvrages de références de la recherche

Liste des auteurs ayant travaillé sur les thèmes de recherche qui ont été proposés et retenus par TMI.
  • Le temps et le culte de l'urgence
« Le culte de l’urgence. La société malade du temps » - Nicole Aubert (Edit. Flammarion, 2003)
"Pas le temps !" A la métaphore traditionnelle du temps qui s'écoule a succédé depuis peu celle d'un temps qui s'accélère, un temps qui nous échappe sans cesse et dont le manque nous obsède. Avec l'avènement de la communication instantanée et sous la dictature du "temps réel" qui régit l'économie, notre culture temporelle est en train de changer radicalement. L'urgence a envahi nos vies: il nous faut réagir "dans l'instant", sans plus avoir le temps de différencier l'essentiel de l'accessoire. Ce règne du court terme produit des effets contrastés. Certains, "shootés" à l'urgence, ont besoin de ce rythme pour se sentir exister intensément. Dans d'autres cas, le climat de pression est tel qu'il corrode les individus, qui déconnectent brutalement ou sombrent dans la dépression. Plus globalement, que ce soit dans le domaine de la famille, de la quête spirituelle, des modes de thérapie ou même de la littérature, le règne du temps court supplante celui du temps long. Dans une société fonctionnant souvent sur l'unique registre de la réactivité, se dessine ainsi le visage d'un nouveau type d'individu, flexible, pressé, collant aux exigences de l'instant ou à la jouissance qu'il procure, et cherchant dans l'intensité du moment une immédiate éternité.

« La dictature de l’urgence » - Gilles Finchelstein (Edit. Fayard, 2011)
Vertigineux voyage au cœur de la dictature de l’urgence. On y découvre une réalité qui dépasse ce que chacun pressent. Car le culte de la vitesse et de l’instant bouscule toutes les facettes de nos vies personnelles – notre santé, nos repas, nos loisirs – et professionnelles – pression accrue, exigences de rentabilité croissantes. Il pèse aussi sur notre vie publique : les faits divers se traduisent immédiatement en lois, lesquelles sont de plus en plus souvent votées selon une procédure… d’urgence ! Ce nouveau rapport au temps est une des causes les plus profondes de nos maux contemporains. Il place nos sociétés sous tension. Il délégitime le politique. Il risque d’aboutir au sacrifice des générations futures, bien au-delà de la dette ou du réchauffement climatique. Alors, que faire ? Répondre à la vitesse par la vitesse ? S’engager, à l’inverse, sur la voie de la décroissance ? Gilles Finchelstein propose  une autre voie pour décélérer, retrouver la perspective du temps long et sortir enfin de la dictature de l’urgence.

« Accélération : Une critique sociale du temps » -  Hartmut Rosa (Edit. La Découverte -  2010)

L'expérience majeure de la modernité est celle de l'accélération. Nous le savons et l'éprouvons chaque jour : dans la société moderne, " tout devient toujours plus rapide ". Or le temps a longtemps été négligé dans les analyses de la modernité au profit des processus de rationalisation ou d'individualisation. C'est pourtant le temps et son accélération qui, aux yeux de Hartmut Rosa, permettent de comprendre la dynamique de la modernité. Pour ce faire, il livre dans cet ouvrage une théorie de l'accélération sociale susceptible de penser ensemble l'accélération technique (celle des transports, de la communication, etc.), l'accélération du changement social (des styles de vie, des structures familiales, des affiliations politiques et religieuses) et l'accélération du rythme de vie, qui se manifeste par une expérience de stress et de manque de temps. 1 La modernité tardive, à partir des années 197o, connaît une formidable poussée d'accélération dans ces trois dimensions. Au point qu'elle en vient à menacer le projet même de la modernité : dissolution des attentes et des identités, sentiment d'impuissance, " détemporalisation " de l'histoire et de la vie, etc. L'auteur montre que la désynchronisation des évolutions socioéconomiques et la dissolution de l'action politique font peser une grave menace sur la possibilité même du progrès social. Marx et Engels affirmaient ainsi que le capitalisme contient intrinsèquement une tendance à " volatiser tout ce qui est solide et bien établi ". Dans ce livre magistral, Hartmut Rosa prend toute la mesure de cette analyse pour construire une véritable " critique sociale du temps " susceptible de penser ensemble les transformations du temps, les changements sociaux et le devenir de l'individu et de son rapport au monde.

« Du temps » - François Jullien  (Edit. Le Livre de Poche  2012)
Fallait-il penser le « temps » alors qu’on sait, depuis les Grecs, que sa division selon les temps de la conjugaison rend son existence insaisissable ? Et que, surplombant le cours de la vie, il nous porte à ne pouvoir imaginer celle-ci que comme une traversée nous tournant d’emblée vers sa fin ? En dépit de l’invitation des poètes : « Cueille le jour ! », nous ne concevons toujours pas ce que peut être de vivre au présent… C’est pourquoi j’ai tenté, en passant par la pensée chinoise, de sortir de ce grand pli du « temps ». Car la Chine a pensé le « moment » saisonnier et la « durée » des processus, mais non pas une enveloppe qui les contienne tous deux et qui serait le temps homogène, abstrait. Ce faisant, elle nous invite à relire la formule de Montaigne : vivre, non pas au présent, mais « à propos » ; ainsi qu’à nous pencher sur ces notions courantes, mais que la philosophie n’a guère explorées : l’opportunité du moment et la disponibilité opposée au devancement. Je prendrai donc ici le parti de la sagesse : si vivre était à penser selon l’occurrence du moment, autrement que comme intervalle, et par conséquent à sortir du grand drame « existentiel » que la philosophie, érigeant le « temps », a si puissamment organisé ? F. J.

« TiC 2013, les nouveaux temps réels » – Sous la direction de Florence Devesa (Edit. FYP, 2012)
Des experts internationaux prennent position sur les changements que provoquent les nouveaux temps réels sur la société, l’entreprise et les individus. En plein cœur de la société de l’information, avec l’omniprésence de l’internet et du numérique, le nombre d’informations disponibles à chaque instant s’est affranchi des barrières de l’espace et du temps et a considérablement augmenté. L’immédiateté semble être devenue la norme, avec son lot d’opportunités, d’erreurs et aussi de dérives possibles dans un monde en accélération croissante. Dans cet ouvrage, des experts aux profils variés (entrepreneurs, sociologues, journalistes, ingénieurs, politologues, chercheurs, enseignants, etc.) apportent un éclairage essentiel sur l’évolution volontaire ou subie de notre rapport au temps, sur le plan professionnel et personnel. En expliquant ce que la notion de temps réel représente dans leur domaine, ils en rendent les enjeux plus lisibles pour pouvoir en saisir les opportunités et en maîtriser les dérives. TIC 2013 est aussi une invitation à l’inventivité, qui donne au lecteur des clés et des savoirs pour stimuler les capacités d’innovation des hommes et des sociétés.Cet ouvrage collectif a été réalisé à l’initiative de l EPITA, sous la direction de Yannick Lejeune, directeur internet du groupe IONIS et diplômé de l EPITA.

« Les temps sociaux » - Simonetta Tabboni (Edit. Armand Colin, 2006)
Coupé du passé, inquiet de l'avenir, notre présent est fragmenté : temps marchand, temps de l'expérience vécue, temps de la prise de risque, etc. Toute analyse d'une société donnée doit prendre en compte l'imbrication et l'évolution de ces temporalités diverses, et se référer globalement à la manière dont chaque groupe humain conçoit, " fabrique " et organise " son " temps. Après les retours nécessaires sur les modalités et la relativité de la perception du temps selon les époques et cultures, l'auteure cible le temps de la modernité. Elle analyse les efforts fournis par la société pour en reprendre le contrôle, en liaison avec un ensemble de problèmes sociétaux, et met en évidence la place centrale que la question occupe au cœur de toutes les interrogations et conflits contemporains. L'ouvrage offre ainsi une réflexion en phase avec de nombreux débats c (droit à construire sa vie, organisation du travail, transports, etc.), qui sera du plus grand profit pour les étudiants de licence et master, les enseignants et chercheurs en sciences sociales, ainsi que pour les professionnels de l'action sociale. 

« L’administration de la peur » - Paul Virilio (Edit. Textuel, 2010)
Urbaniste et philosophe, il a écrit de nombreux essais sur la technique et la vitesse : Le citoyen considère qu’il est seul à pouvoir se représenter et ne considère plus la parole des élus et des élites, pas plus que des experts comme légitime. La démocratie est réduite à l’Etat providence à qui toujours plus est demandé. Chaos climatique, paniques boursières, crise économique, périls technoscientifiques. Menaces pandémiques, suicides " professionnels "... L'énumération des peurs contemporaines est sans fin. Effet de loupe médiatique ? Construction paranoïaque ? Fantasme ? Pour Paul Virilio, il y a bien de quoi avoir peur. Car le monde est plein comme un œuf, qu'on y accélère toujours plus les flux en y contractant l'espace et que la peur devient l'objet d'une véritable gestion politique, les Etats étant tentés de substituer un globalitarisme sécuritaire à la traditionnelle protection des individus contre les risques de la vie.


  • L'individu incertain
« Le culte de la performance » (Edit. Calmann Levy, 1991), « L'individu incertain » (Edit. Hachette Littératures, 1995), « La fatigue d'être soi » (Edit. Odile Jacob, 1998) - Alain Ehrenberg
Ces trois livres forment une suite et une vaste enquête sur l'individualisme contemporain, les changements des normes régissant vie publique et vie privée. L'individualisme est souvent analysé comme un repli généralisé sur la vie privée. À travers ces trois ouvrages et à propos de sujets très variés, Alain Ehrenberg démontre qu'il s'agit plutôt de la généralisation d'une norme d'autonomie. Cette norme impose un changement des rapports entre privé et public, car l'autonomie exigée dans le domaine public prend ses appuis dans le domaine privé. Dans les deux domaines, privé et public, la réussite impose de plus en plus les mêmes outils : savoir communiquer, négocier, se motiver, gérer son temps… Un thème central de cette recherche est celui de la fragilisation des individus, qui doivent se produire eux-mêmes dans un monde de plus en plus morcelé. La question de la confiance est en creux tout au long de ces questionnements : comment l’individu moderne fait-il chaque jour le pari de la confiance dans ce monde-là ? 

« La société de défiance » - Pierre Cahuc (Edit. Rue d’Ulm- ENS) 
La France est engagée dans un cercle vicieux dont les coûts économiques et sociaux sont considérables. Depuis plus de vingt ans, des enquêtes menées dans tous les pays développés révèlent qu’ici plus qu’ailleurs, on se méfie e de ses concitoyens, des pouvoirs publics et du marché. Cette défiance allant de pair avec un incivisme plus fréquent…Or la défiance et l’incivisme, loin d’être des traits culturels immuables, sont alimentés par le corporatisme et l’étatisme du modèle social français. En retour, le manque de confiance des Français entrave leurs capacités de coopération, ce qui conduit l’État à tout réglementer et à vider de son contenu le dialogue social. En comparant les relations entre les performances économiques et les attitudes sociales dans une trentaine de pays du début des années 1950 à nos jours, Yann Algan et Pierre Cahuc montrent comment ce déficit de confiance réduit significativement l’emploi, la croissance et, surtout, l’aptitude des Français au bonheur.

  • Cohabitation des générations
« Intégrer et manager la génération Y » - Julien Pouget (Edit. Vuibert -2010)
Forte de 13 millions d'individus, la génération Y - les personnes nées entre 1978 et 1994 - fait son apparition dans le monde du travail. Se distinguant assez nettement des précédentes, elle privilégie l'épanouissement personnel et le travail collaboratif aux méthodes directives et aux hiérarchies trop formalistes. Sa culture est celle de l'instantanéité, des TIC, de l'apprentissage par l'action, de la mondialisation. Parce qu'elle représentera près de la moitié de la population active dans 5 ans, l'entreprise doit dès à présent : adapter son recrutement, son organisation et ses méthodes de travail à cette nouvelle donne. Trouver les clés de compréhension de cette génération et de ses attentes au travail. Proposer des approches adaptées pour attirer, intégrer et manager cette génération.

  • Crédibilité des institutions
« Qu’est-ce que la citoyenneté » - Madame Dominique Schnapper, présidente de la société française de sociologie (Edit.Gallimard, 2000)  
Le terme de citoyenneté est galvaudé. Jugé passéiste il y a vingt ans, il est aujourd'hui comme un nouveau talisman que l'on brandit pour appuyer toute revendication. Le terme a pourtant un sens historiquement précis : l'appartenance à une communauté politique autonome, définissant des droits et des devoirs. Il n'en reste pas moins que les grandes traditions politiques l'ont interprété différemment, lorsqu'il s'est agi d'articuler la citoyenneté à l'individu, à la nationalité, aux croyances religieuses, aux inégalités sociales, aux traditions historiques et communautaires. C'est donc l'histoire, les idéologies, la sociologie de la " citoyenneté " que retrace cet ouvrage qui est en soi un véritable manuel contemporain d'instruction civique.

« La démocratie providentielle » Madame Dominique Schnapper (Edit. Gallimard, 2010)

La démocratie a posé l'universalité du principe d'égalité formelle des individus, quelles que soient par ailleurs les inégalités sociales, culturelles et autres. La démocratisation est animée par l'ambition d'assurer l'égalité réelle des citoyens. Elle s'est traduite par le développement de l'Etat-providence qui intervient toujours plus pour satisfaire les besoins économiques et sociaux des individus. Or, son action est désormais paradoxale-  fruit du louable souci d'assurer l'universalité des droits- elle vise, par les  « discriminations positives " et autres politiques de promotion spécifique, à défendre les droits particuliers de certaines catégories. L'équité se substitue à l'égalité, le multiculturalisme à l'universalité. Telle est l'épreuve particulière que traversent les démocraties occidentales, confrontées au caractère toujours plus " providentiel " de leurs sociétés : si l'égalité contemporaine tend à épuiser les formes de transcendance collective, comment peut-on continuer à " faire société " ?

« La nuit des politiques » - Roland Cayrol, directeur de recherches à la Fondation des sciences politiques (Edit. Hachette, 2006)
Réflexions sur les rapports entre le peuple français et les hommes politiques qui veulent les gouverner. La société n'est pas bloquée, les décideurs le sont.

  • Le rapport au métier
« L’Identité du travail à l’épreuve de la crise » - Florence Osty (Edit. L’Harmattan , 2008) 
Le travail représente, encore de nos jours, une instance de socialisation majeure par l'intensité de la vie relationnelle qui s'y déroule mais aussi une condition d'accès à une identité social. Il recouvre le rapport subjectif entretenu avec l’activité du travail, l’insertion dans un tissu relationnel et un emploi. Toutefois, les transformations des formes d’emploi et des situations de travail réinterrogent la place du travail dans nos sociétés, à la fois comme valeur mais aussi comme norme d’intégration.

« Le Désir de métier : Engagement, identité et reconnaissance au travail » - Florence Osty ( Edit.  PU Rennes –  2003)
Les dix dernières années ont vu la résurgence d'une affirmation professionnelle de grande ampleur dans des univers de travail variés. Accompagnée le plus souvent d'une plainte liée au manque de reconnaissance, l'identification au métier n'est pas réductible à une régression corporatiste, ou à l'avènement de nouvelles professions. Elle révèle une dynamique sociale originale de la modernisation des entreprises contemporaines et correspond à un désir de réalisation de soi par le travail ainsi que la construction d'un lien social coopératif. La compréhension de ce désir de métier, transversal à différents milieux productifs (administration de service public, secteur sanitaire et social, industrie de process et entreprise de service) se réfère à trois dimensions distinctes : la compétence comme savoir pratique et opératoire, l'identité comme d'un collectif d'appartenance mais aussi comme expérience subjective de travail, et la régulation comme processus d'institutionnalisation des métiers. La question de la reconnaissance, sur laquelle achoppent bon nombre de dynamiques sociales de métier, nécessite alors de s'intéresser aux arènes sociales, où se forment les jugements sur la qualité de la régulation de métier. Elle interroge la capacité des politiques de gestion des hommes d'organisation du travail, à proposer de nouveaux espaces de reconnaissance des compétences et de l'engagement au travail.

« Mutations organisationnelles et la construction des identités au travail » - Fabrice Gutnik , psychologue du travail, sociologue d'entreprise, enseignant au CNAM en sciences sociales.

« L'évaluation du travail à l'épreuve du réel : Critique des fondements de l'évaluation » - Christophe Dejours (Edit. INRA, 2003)
De manière très synthétique, l'auteur reprend ici ses principales thèses : travail invisible, différence entre travail réel et travail prescrit, l'absence de proportionnalité entre performance et travail, et démontre comment depuis des décennies on tente d'évaluer le travail, et qu'en réalité on évalue d'autres choses (le temps de travail, le respect des règles, les compétences, etc). Il montre ainsi les confusions, les limites et les dangers de l'évaluation. L'analyse est pertinente, précise. Le style simple et accessible. 

« Le travail intenable : Résister collectivement à l'intensification du travail » - Laurence Théry (auteur) Philippe Askenazy (Préface) , Michel Gollac (Préface) (Edit. La Découverte, 2010)
Le travail a changé : entre idéologies managériales, contraintes économiques et reconfigurations des entreprises privées ou des services publics, normes et objectifs soumettent de plus en plus les travailleurs au stress et aux tensions de toute nature. L'allongement probable de la vie au travail va encore durcir une situation qui semble avoir atteint un point de rupture. Comment réagir collectivement face à cette intensification ? C'est à cette question qu'entend répondre ce livre, dont l'ambition est d'élaborer un diagnostic critique et de tracer des voies pour l'action. Les auteurs y restituent de façon particulièrement vivante les résultats d'un travail de recherche de dix-huit mois ayant réuni scientifiques et syndicalistes sous le patronage du Fonds social européen : la parole des experts vient relayer l'enquête menée par une vingtaine d'équipes syndicales issues d'univers professionnels très différents. L'observation des situations a ainsi permis de retrouver des repères, de comprendre l'intensification pour se donner les moyens d'y résister et d'explorer de nouvelles pratiques militantes en associant les salariés à l'action collective. 

« L'idéal au travail » - Marie-Anne Dujarier (auteur) Vincent de Gaulejac (préface) (Edit. Presses Universitaires de France, 2006)
Que se passe-t-il aujourd'hui au travail ? Les dirigeants disent en chœur qu'ils n'ont " pas le choix ". Les managers sont fatigués et coachés pour éviter de " péter les plombs ". Les salariés en relation avec les clients ou les usagers, eux, ont le sentiment amer d'être contraints à mal travailler, de ne jamais " être à la hauteur ". Marie-Anne Dujarier s'est mise à leur écoute dans deux secteurs d'activité, tous deux producteurs de services de masse : la gériatrie publique et une chaîne de restauration privée. Où l'on observe que ces organisations, pourtant si différentes, s'engagent pareillement à produire des services totalement satisfaisants, et ce sur un nombre infini de critères contradictoires. Tout écart à cette promesse d'enchantement est sanctionné. L'idéal n'est alors plus un horizon, mais une norme sociale exigible, une prescription de toute-puissance. Elle oblige chacun, sous peine de perdre tout crédit, à simuler la conformité à des objectifs inatteignables et à dissimuler, en même temps, ce qu'il fait vraiment. Une analyse pluridisciplinaire, à l'adresse de tous ceux qui s'intéressent au travail et à son organisation. 

« Travail, les raisons de la colère » - Vincent de Gaulejac (Edit. du Seuil 2011)
Les signes d'une crise profonde se multiplient dans les organisations et plus largement dans le monde du travail: stress, hum out, dépressions, suicides, perte de sens, précarité, pertes d'emplois, révoltes, manifestations, séquestrations, occupations; autant de manifestations destructives qui semblent toucher l'ensemble des entreprises et des institutions, privées et publiques... Mais peut-on encore parler de crise lorsqu'elle devient permanente? Ce livre explore les sources de cette situation inquiétante. Il décrit les liens entre la dimension psychologique du mal-être, les mutations organisationnelles et les transformations du capitalisme financier. La "révolution managériale" qui devait réconcilier l'homme et l'entreprise conduit à la lutte des places et au dés-enchantement. L'idéologie gestionnaire transforme l'humain en ressource au service de la rentabilité de l'entreprise. La souffrance au travail manifeste une nouvelle exploitation psychique, tout aussi réelle que l'ancienne exploitation du prolétariat dans le capitalisme industriel. La colère gronde chez les salariés confrontés à des restructurations, des réorganisations permanentes qui leur semblent aussi violentes qu'injustifiées. Dans les institutions publiques, la RGPP (Révision Générale des Politiques Publiques) engendre désorganisation et désespérance. La frénésie modernisatrice, la culture du résultat et l'obsession évaluatrice créent un monde pathogène et paradoxal. Face aux violences innocentes de cette "nouvelle gouvernance", les salariés semblent n'avoir pas d'autre choix que de se révolter ou de se détruire. Entre la colère et la dépression, d'autres voies sont pourtant possibles. En sociologue clinicien, l'auteur propose un diagnostic approfondi à partir duquel il définit les conditions qui permettraient de "travailler mieux pour vivre mieux". 

« Le travail à coeur : Pour en finir avec les risques psychosociaux » - Yves Clot (Edit. La Découverte, 2010)
Suicides en série sur le lieu de travail, "épidémie" de troubles musculo-squelettiques, explosion des pathologies professionnelles... Une réalité trop longtemps occultée occupe désormais la scène publique française. Devant l'ampleur des " maladies du travail ", tout est secoué : entreprises, État, institutions, chercheurs et experts. Et, face aux dégâts engendrés, se multiplient dans l'urgence les fausses solutions qui risquent de virer au " despotisme compassionnel " sans rien résoudre sur le fond. C'est à ce paradoxe intenable qu'a voulu réagir le psychologue du travail Yves Clot dans cet essai aussi vif qu'informé, nourri de longues années d'expérience sur le terrain des rapports entre santé et travail. Il instruit le dossier en rassemblant les différentes pièces du puzzle social : discours officiels, analyses de situations concrètes, controverses scientifiques, commentaires et récits. Il montre comment la négation des conflits autour de la qualité du travail au sein de l'entreprise menace le collectif et empoisonne la vie des organisations. Pour Yves Clot, le plaisir du " travail bien fait " est la meilleure prévention contre le " stress " : il n'y a pas de " bien-être " sans " bien faire ". En se mobilisant autour d'une idée neuve du métier, avec tous les autres acteurs concernés - dirigeants d'entreprise, syndicalistes et spécialistes -, ceux qui, au travail, sont en première ligne peuvent eux-mêmes " retourner " la situation. Pour en finir, enfin, avec les " risques psychosociaux ". 

 « Pourquoi travaillons-nous ? : Une approche sociologique de la subjectivité au travail » - Danièle Linhart, Fabrice Guilbaud, Annie Dussuet, Sacha Leduc (Edit. Erès – 2008 )
Pourquoi travaillons-nous ? Qu'est-ce que les salariés investissent d'eux-mêmes au travail ? Pour quelles raisons et selon quelles modalités ? La question que pose cet ouvrage est un enjeu central dans la compréhension du monde actuel, le phénomène des suicides au travail venant nous en rappeler régulièrement les aspects inquiétants. A partir de dix enquêtes de terrain, les auteurs proposent une analyse de l'engagement subjectif au travail dont le management entend faire, aujourd'hui, un outil de performance. Loin d'être une simple forme d'adhésion ou de subordination aux objectifs de leur entreprise, loin de se limiter à une seule aventure personnelle liée à une biographie particulière, l'implication subjective au travail traduit aussi un engagement envers la société qui autorise à parler de subjectivité collective. De quoi est-elle faite ? Comment se manifeste-t-elle ? Comment est-elle investie par le management modernisateur ? Quel impact a-t-elle sur notre société, et quel impact notre société a-t-elle sur son contenu ? 

« Travailler à armes égales » - Marie Pezé, Rachel Saada, Nicolas Sandret (Edit. Pearson 2011)
Comment assumer quand on travaille pour une entreprise qui est montrée du doigt ? Peut-on aller au boulot avec un sentiment de honte ou bien est-on conduit, pour tenir, à adhérer aux valeurs de l'entreprise ?L'analyse de Marie Pezé, psychologue du travail, auteur de Travailler à armes égales, éditions PearsonAprès Ils ne mouraient pas tous mais tous étaient frappés, qui dressait un état des lieux de la souffrance au travail et pointait la gravité croissante des cas, Marie Pezé poursuit ici sa réflexion sous un angle qui se veut positif : comment réagir ? " Si le travail peut faire souffrir, c'est avant tout parce qu'il est porteur de nombreuses promesses ", dit-elle. Promesse de l'utilisation et du développement des capacités physiques et mentales, promesse d'accomplissement de soi et d'émancipation sociale, promesse du " vivre ensemble " et du dépassement des fragilités infantiles... Celui qui travaille donne souvent sans compter à un monde du travail qui, lui, ne fait que compter. Investi corps et âme, il a du mat à prendre de la distance, à défendre ses droits, à trouver des appuis. Le rapport de forces est inégal entre la partie faible, le salarié, et la partie forte, l'entreprise. Marie Pezé nous livre ici les outils élaborés par le réseau de prise en charge de la souffrance au travail, avec Rachel Saada, avocate spécialiste en droit social et Nicolas Sandret, médecin inspecteur du travail : mieux connaître le droit du travail et les implications d'un contrat, savoir reconnaître et dénoncer les techniques de management pathogènes, apprendre à décrire son travail et les raisons de sa dégradation, connaître les acteurs de prévention dans et hors de l'entreprise et le rôle qu'ils peuvent jouer... Ce livre est une arme pour sortir de la solitude et renouer avec les promesses du travail. 

« Le travail : Une valeur en voie de disparition ? » - Dominique Méda (Edit. Flammarion, 2010)
Paru en 1995 sous un titre qui suscita la polémique, Le Travail. Une valeur en voie de disparition a été perçu comme un manifeste contre le travail et une prophétie annonçant le déclin de la valeur travail. Le débat qui s'est alors ouvert, auquel fut associé, notamment, Jeremv Rifkin, ne s'est depuis plus refermé. Dominique Méda y revient, quinze ans plus tard: la valeur travail s'est-elle dégradée ? Faut-il réhabiliter le travail? Est-ce la fin du travail ? Elle précise les raisons pour lesquelles le débat auquel elle invitait alors - comprendre si le travail peut ou non, en régime capitaliste, devenir une oeuvre à la fois individuelle et collective - n'a pas pu avoir lieu. Cet ouvrage démontre, en mobilisant les principaux textes philosophiques et l'histoire des idées politiques, comment le travail est devenu une valeur centrale. Il invite à remettre sur le métier la question lancinante du rôle que tiennent l'échange économique et le travail dans la fabrique du lieu social. Il propose enfin une voie pour permettre à tous les membres de la société, hommes et femmes, d'accéder non seulement au travail - un travail décent ou soutenable -, mais aussi à l'ensemble de la gamme des activités, qu'elles soient amicales, politiques, parentales ou de développement personnel, qui constituent le bien-être individuel et social. 

« Le travail » - Dominique Méda (Edit. Presses Universitaires de France, 4e édition 2010)
Le développement du chômage l'a montré : travailler est une norme. Dans nos sociétés occidentales, le travail est le principal moyen de subsistance mais aussi une part essentielle des occupations de chacun. L'ordre social s'organise autour de lui. En a-t-il toujours été ainsi ? Assiste-t-on, aujourd'hui, avec la réduction du temps de travail, à une remise en cause de sa valeur ? Va-t-on vers de nouvelles formes de travail ? En croisant les regards historiques et philosophiques avec les résultats des enquêtes sociologiques et économiques les plus récentes, cet ouvrage interroge notre rapport au travail et, battant en brèche les idées reçues, nous invite a repenser sa nature ainsi que la place qu'il prend dans nos vies.

« La sociologie des professions » - Florent Champy (Edit. Presses Universitaires de France, 2012)
Des menaces venues du management et des marchés pèsent sur l’autonomie dans le travail de professions revendiquant un haut niveau de compétence (médecins, juristes, etc.). Or, la sociologie des professions est fortement interpellée par ces évolutions. Jusqu’aux années 1960, elle s’était particulièrement intéressée à ces activités, reprenant souvent sans distance le discours des professionnels sur leurs pratiques. Mais une sociologie plus critique a ensuite mis l’accent sur les similitudes avec des métiers moins prestigieux (plombier, infirmière). Ayant accordé peu d’attention aux spécificités de certains types de métiers, cette deuxième approche, aujourd’hui dominante, est peu armée pour penser les enjeux des évolutions actuelles.Un premier objectif de cet ouvrage consiste à présenter systématiquement les auteurs, les théories, les démarches et les thèmes (carrières, travail, genre, statuts, etc.) constitutifs de ces deux approches successives des professions. Puis l’auteur met en évidence l’émergence d’un troisième regard, qui vise à résoudre les difficultés rencontrées par l’approche critique. S’aidant des réflexions d’Aristote sur les formes d’action dans des situations de forte incertitude, il montre à partir de plusieurs exemples comment les pressions productivistes et les tendances à la standardisation et à la bureaucratisation du travail professionnel menacent la place des « pratiques prudentielles » dans nos sociétés.

« Le travail: Une sociologie contemporaine » - Michel Lallement (Edit. Folio, 2e édition 2007)
Partout s'observe une remise en cause apparente du travail : chômage massif, délocalisation des industries et des services, flexibilité, pluriactivité - tout semble concourir à la fin du travail, à la disparition des statuts, à la mort du lien social par l'emploi. Désaffilié, le travailleur d'hier est devenu le sans-droit d'aujourd'hui. A cette crise, beaucoup de sociologues répondent par la nécessaire mise en perspective historique du monde du travail que nous avons perdu. Michel Lallement, en contre-pied, fait une sociologie contemporaine de la crise, s'attaquant aux dimensions inédites des transformations de la production. De fait, les recherches et analyses de la sociologie peuvent et doivent aider à comprendre objectivement des conditions collectives de travail et de vie trop souvent vécues sur un mode purement subjectif et individuel. Pour Michel Lallement, nul doute que le travail, moteur et révélateur des mutations contemporaines, garde sa place centrale d'institution sociale. Le travail est de retour. Pour Michel Lallement, nul doute que le travail, moteur et révélateur des mutations contemporaines, garde sa place centrale d'institution sociale. Le travail est de retour. 

« La sociologie du travail » - Sabine Erbès-Seguin (Edit. La Découverte,  3e édition 2010)
Ce livre retrace l'histoire de la sociologie du travail depuis sa naissance en France, à la fin de la Seconde Guerre mondiale, et en réaction à l'analyse du travail aux Etats-Unis. Il analyse les principaux thèmes de recherche, les résultats et l'évolution au cours des années récentes. Après des recherches centrées d'abord sur l'organisation du travail dans l'entreprise, la qualification des travailleurs, le syndicalisme et les relations professionnelles, surtout dans l'entreprise industrielle, les perspectives s'élargissent désormais vers l'entrée dans la vie active, les rapports entre travail des hommes et travail des femmes et, plus généralement, vers la relation d'emploi, notion beaucoup plus vaste que la relation au poste de travail. 

« L'avenir du travail » - Jacques Attali, Pierre Cahuc, François Chérèque, Jean-Claude Javillier (Edit. Fayard, 2007)
Les élèves de tous les lycées d'aujourd'hui travailleront encore en 2050. Quels métiers exerceront-ils ? A quels métiers faut-il les préparer ? Avec quelles technologies ? Dans quelles entreprises ? Selon quelles règles ? Avec quel droit du travail ? Aura-t-on plus de robots ou plus d'employés, ou les deux à la fois ? Comment la globalisation et les délocalisations qu'elle entraîne influeront-elles sur la nature des professions, sur les revenus, sur la pénibilité du travail ? Comment évoluera le mouvement syndical ? Aura-t-on plus de précarité, ou plus de protection ? Le travail intérimaire se développera-t-il ? Le chômage peut-il disparaître ?C'est à toutes ces questions et à bien d'autres encore que répond cet ouvrage dirigé par Jacques Attali.

  • Importance de l'émotionnel
« La géopolitique de l’émotion » - Dominique Moïsi, fondateur de l’IFR, spécialiste des questions internationales (Flammarion – 2010) 
A l’origine de ce livre, une conviction : on ne peut comprendre le monde actuel sans s'intéresser aux émotions qui le traversent et bien souvent le dirigent. Les décombres des attentats du 11 Septembre, la liesse des foules fêtant l'élection d'Obama, le faste ostentatoire des Jeux de Pékin, l'arrogance de la Russie intervenant dans le Caucase : autant de scènes fortes qui dessinent une géopolitique de l'émotion, dont il est possible de dresser la carte. A partir d'un vaste travail d'observation nourri de mille exemples, d'une connaissance approfondie de multiples pays et cultures, cet essai décrit un nouvel ordre du monde, qui détermine notre présent et notre avenir.

  • Transparence
« La transparence en trompe l'œil »  - Thierry Libaert (Edit. Descartes et Cie, 2003)
La transparence est une notion qui s'accompagne d'une ambiguïté fondamentale. Elle s'oppose à l'opacité et a fortiori au secret. Elle libère mais elle renferme aussi les potentialités d'une surveillance généralisée. Elle est donc à la fois pierre angulaire de la démocratie et ferment du totalitarisme. Elle est aujourd’hui érigée au rang de "valeur", dévoyée par les entreprises  et récupérée politiquement. Facteur de confiance lorsque son objectif est d'éclairer, elle est également source de défiance lorsque devient une idéologie.

  • Souci écologique
« Vers une démocratie écologique. Le citoyen, le savant et le politique »  - Dominique Bourg et Kerry Whiteside (Edit. Le Seuil/La République des idées, 2010)
Les dégradations que nous infligeons à la planète menacent l’avenir et la survie de l’humanité. Or l’urgence de la situation ne débouche pas sur des décisions fermes et concrètes. Jusqu’à quand ? Contrairement à ce que l’on pourrait croire, cet attentisme s’explique d’abord par une inaptitude politique : la démocratie représentative n’est pas en mesure de répondre aux problèmes écologiques contemporains. Ce livre propose des solutions, tant institutionnelles que délibératives, pour relever le défi et refonder notre sens du bien commun..

  • Le principe de précaution
« Le principe de précaution » - François Ewald (Edit. Presses Universitaires de France, 2008)
Pratiquement inconnu jusqu'au milieu des années 90, le " principe de précaution " est devenu, avec l'affaire de la vache folle, une expression populaire. On le brandit désormais comme le talisman dont la seule invocation devrait protéger les citoyens contre tous les risques qui les menacent, et l'on invoque son application dans les domaines les plus hétérogènes (climat, couche d'ozone, OGM, santé, jusqu'aux conditions d'utilisation des armes sur les champs de bataille), au point que ce principe, apparu dans les années 70, devient synonyme de politique de sécurité. Il n'y aura bientôt plus personne qui ne se croira obligé d'agir par précaution. Cet ouvrage se propose de clarifier ce principe en réunissant trois expertises, économique, juridique et philosophique.

  • La financiarisation / l’hypergestion
« La Société malade de la gestion » - Vincent de Gaulejac, sociologue (Edit. du Seuil 2009) 
Sous une apparence pragmatique, la gestion constitue une idéologie qui légitime la guerre économique, l'obsession du rendement financier et qui est largement responsable de la crise actuelle. La culture de la performance et de la compétition met tout le monde sous haute pression : épuisement professionnel, stress, suicides au travail. La société n'est plus qu'un marché, un champ de bataille où le remède proposé aux méfaits de la guerre économique consiste toujours à durcir la lutte. Face à cette mutation, la politique, également contaminée par le " réalisme gestionnaire ", semble impuissante à dessiner une autre voie. Peut-on échapper à l'épidémie? Peut-on repenser la gestion comme l'instrument d'organisation d'un monde commun? C'est justement la piste qu'ouvre ici le diagnostic du sociologue clinicien.

« Lost in management. La vie quotidienne des entreprises au XXIème siècle » - François Dupuy, sociologue des organisations (Edit. du Seuil, 2011)
L’entreprise serait, dit-on, le lieu de l’autorité, du pouvoir et du commandement vertical. La réalité, telle que peut l’observer le sociologue de terrain, est le plus souvent très éloignée de cette supposée dictature. S’appuyant sur dix-huit enquêtes et près de huit cents interviews, François Dupuy montre que les entreprises sont en passe de perdre le contrôle d’elles-mêmes : le pouvoir est descendu d’un ou plusieurs crans pour se disperser à la base, au niveau des intermédiaires et des exécutants. Et lorsque, poussés par une compétition grandissante, les dirigeants tentent de reprendre le contrôle par la mise en œuvre de « process » et de « reportings », le résultat est à l’inverse de l’effet escompté : plus les décisions se multiplient, moins le contrôle est grand... Dans de nombreuses entreprises, le problème est aujourd’hui de reconstruire une maîtrise minimale de la direction et de ses managers sur l’organisation et ses personnels en redécouvrant les vertus de la confiance et de la simplicité.

  • La mondialisation
« Le renversement du monde, politique de la crise » - Hervé Juvin, essayiste et économiste, chroniqueur au Monde, Président d’Eurogroupe Institute (Edit. Gallimard, 2010)
Si la crise qui frappe le monde entier est certes une crise bancaire et financière, c'est d'abord la première crise de l'unification planétaire, affirme Hervé Juvin, qui cherche à montrer les logiques, les intérêts et les passions à l'oeuvre derrière le désordre des systèmes, des actions et des comportements. Le système occidental dominait le monde, mais c'en est fini. Il n'a plus le monopole du bien ni des certitudes. Nous vivons le renversement du monde. Cette crise le rend sensible avec acuité, si elle n'en est pas la cause : elle révèle que l'économie ne peut constituer le fondement, hors marché, des sociétés.

« Réinventer l’occident. Essai sur une crise économique et culturelle » - Hakim El Karoui (Edit. Flammarion, 2010) 
La désoccidentalisation du monde a commencé. L'Occident qui se croyait surpuissant se découvre déficient. Aux conséquences de l'arrogance (crise financière, péril climatique) succèdent les crises de l'impuissance (incapacité politique, crise identitaire, crainte des classes moyennes). L'angoisse gagne les Occidentaux. Pourquoi s'inquiéter de l'avenir d'un Occident ? Parce que, nous répond Hakim El Karoui, l'Occident a deux faces: la face sombre, certes, mais aussi la face claire, celle qui a fait de lui le creuset des idéaux de liberté et de démocratie en lesquels les Occidentaux doivent continuer à croire. Mais alors que faire et par où commencer ? D'abord, prendre la mesure exacte de cette désoccidentalisation du monde, de l'impuissance économique et symbolique dans laquelle sont plongés l'Europe et les Etats-Unis. Ensuite, comprendre que ceux qui sont souvent désignés comme coupables ne sont pas les ennemis de l'Occident. La Chine, elle, construit une nouvelle Grande Muraille économique et politique avec l'Asie du Sud-Est, qui impose à l'Europe et à l'Occident de réinventer un projet. Soucieux d'expliquer le monde qui vient sans le filtre des clivages idéologiques convenus, réfléchissant à toutes les échelles, nourri d'économie, de géopolitique, mais aussi de littérature, cet essai d'analyse et de conviction fait entendre une voix originale dans le débat public.

« La mondialisation et ses ennemis » - Daniel Cohen, économiste (Edit. Hachette, 2005)
La mondialisation actuelle est la troisième mondialisation. Les deux premières, la conquête de l'Amérique au XVIe siècle, puis celle des comptoirs anglais au XIXe, se sont terminées en tragédie pour les populations concernées. Les ennemis de la mondialisation se recrutent aujourd'hui dans deux camps que tout oppose, mais qui se nourrissent de ce témoignage de l'histoire. Le premier groupe mène, une guerre des civilisations, le second, une lutte des classes à l'échelle planétaire. Ce livre montre que leur combat commun se trompe de cible. La véritable faille de la troisième mondialisation est ailleurs : elle fait naître des attentes auxquelles elle est incapable de répondre. La conscience planétaire est mondialisée, tandis que les forces économiques sont en retard sur celle-ci. C'est parce qu'elle n'advient pas, et non parce qu'elle est déjà advenue, que la mondialisation aiguise les frustrations. Se méprendre sur ce point, c'est construire la critique du monde contemporain sur un formidable malentendu.

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